COVID-19 : « Nous avons continué d’utiliser divers mécanismes à notre portée afin de capter la perspective des étudiants, le tout avec une culture et une raison d’être en tant que fournisseur d’enseignement supérieur où les étudiants ont une voix »

Écrit par le professeur Guy Daly, vice-chancelier adjoint (éducation et étudiants), Université de Coventry.

Alors que je réfléchis aux semaines qui ont suivi les mesures importantes annoncées par le premier ministre le 23 mars dernier afin de nous protéger contre la propagation du coronavirus, et à la fermeture de nos campus et au passage à l’enseignement et à l’apprentissage en ligne qui s’en est suivi, il est juste de dire que nous avons tous dû agir très rapidement – et que nous n’avons pas eu beaucoup de préavis pour s’attaquer à ce défi.

Nous avons dû être décisifs et directifs, et nous avons pris la décision de nous tourner vers un format en ligne. Nous avons senti que c’était la chose à faire et nous voulions relever le défi, ce que, je pense, nous avons réussi. Après avoir fait la transition, nous avons élaboré davantage et répondu en donnant aux étudiants du temps supplémentaire pour les évaluations, des prolongations, des rapports, et en instaurant une politique « sans préjudice » que nous avons créée en réponse aux demandes des étudiants.

Il ne s’agit pas seulement d’un défi « au jour le jour », mais concerne aussi les circonstances individuelles dans lesquelles nos étudiants se sont retrouvés et, étant une université à participation élargie, comment nous soutenons ces étudiants : certains étaient rentrés chez eux, certains étaient rester à Coventry parce qu’ils le devaient, les étudiants internationaux par exemple et les personnes qui, au début du confinement, ne pouvaient pas rentrer chez elles en raison des restrictions en matière de déplacement. Nous avons aussi dû nous occuper de l’environnement particulier des étudiants – Internet haute vitesse, informatique, logiciels, etc. – et nous assurer que la qualité de l’offre soit efficace au fur et à mesure que nous avons fait la transition en ligne, y compris la façon dont nous captons la voix des étudiants dans ce cadre.

En ce qui concerne ce dernier point, pendant cette période, nous avons eu un continuum des canaux formels et informels que nous utilisions déjà, de la voix représentative jusqu’aux voix individuelles, ainsi que des formes de communication réactives et dynamiques. En tout temps, nous essayons d’avoir accès aux voix authentiques, en luttant contre les problèmes de représentativité à certains égards, mais reconnaissant que la voix de chacun est authentique et précieuse. Une partie du défi est de plaire à tout le monde, tout le temps, ce qui est impossible.

Il y a eu un certain nombre de choses que nous avons officiellement poursuivies – notamment le National Student Survey (NSS), qui était toujours en cours dans une certaine mesure lorsque le confinement a débuté. Les étudiants ont contribué au NSS, ce qui en fera un ensemble de données intéressant, si et lorsque nous obtiendrons les résultats. Nous avons progressé avec nos évaluations de modules et de cours, toutes réalisées par des collègues experts et expérimentés de l’université.

Nous avons également lancé des sondages plus fréquents – des questions « ponctuelles » sur différents sujets, auxquelles les étudiants pouvaient rapidement répondre par « oui ou non », de façon hebdomadaire. Au départ, il s’agissait de demander aux étudiants comment ils vivaient le passage à l’apprentissage à distance. Nous sommes ensuite passés aux questions sur l’état de préparation et l’efficacité des évaluations en ligne, et nous envisageons maintenant de poser des questions aux nouveaux étudiants et aux anciens qui reviennent poursuivre leurs études à divers stades. Nous allons examiner l’efficacité de l’initiation en ligne et d’autres préparatifs avant le prochain cycle d’évaluation. Nous avons eu un débat sur la question à savoir si ces sondages étaient utiles ou non, mais notre opinion était que certaines données valent mieux que pas de données du tout, traitées ensuite avec intelligence plutôt que de manière simpliste.

De plus, nous avons continué à travailler étroitement avec le syndicat étudiant, nous assurant d’avoir des représentants étudiants pour chaque cours, école et faculté, et que ceux-ci soient très impliqués dans les structures de gouvernance. Nous avons eu des séances de questions et réponses animées par le syndicat, notre plus récente ayant attiré 680 participants, un nombre excellent. J’ai continué à diriger un groupe de travail sur le recentrage de l’expérience étudiante que nous avions commencé au début de l’année universitaire. Nous avons mis en place diverses structures et forums, travaillant beaucoup en partenariat avec le syndicat, et tant le personnel à temps plein que les agents sabbatiques élus ont fait et continueront d’en faire partie intégrante.

Dans toutes ces activités, nous avons continué à utiliser divers mécanismes à notre disposition pour saisir le point de vue des étudiants, le tout dans une culture et une raison d’être en tant que fournisseur d’enseignement supérieur où l’étudiant a toujours une voix. Cette relation en est une d’égalité et de coproduction dans l’ensemble, dans laquelle toutes les parties contribuent de façons différentes, et nous nous efforcerons de continuer à améliorer ce que nous faisons.

Par exemple, un problème avec lequel nous nous sommes débattus concerne les minorités ethniques et d’autres groupes sous-représentés dans l’enseignement supérieur. À ce jour, nous avons surtout réfléchi à l’impact de la nouvelle approche envers l’éducation au lieu de nous assurer de capter les voix de ces membres. Nous avons donc encore du travail à faire à ce sujet. À cela s’ajoute le développement du volet analytique, qui n’en est encore qu’à ses débuts et que nous chercherons à utiliser pour nous assurer que nos étudiants sont impliqués et que l’enseignement et l’apprentissage sont dispensés, et ce, de façon efficace. Nous ne souhaitons pas entrer dans une culture de vérification et de maintien de l’ordre, mais en même temps, nous voulons nous assurer que nous livrons nos promesses, et que cela se fait le plus efficacement possible.

Cela se poursuivra clairement d’une manière ou d’une autre pendant la nouvelle année universitaire, et nous réfléchissons à la manière de rendre cela encore mieux que ce que nous avons fait jusqu’à présent, mais le 27 mai, l’université a annoncé qu’elle était pleinement engagée à dispenser autant d’enseignement en personne que possible et l’expérience universitaire la plus large possible en 2020-2021. Les étudiants et les autres seront moins indulgents à partir de septembre que dans leur réponse à l’ensemble rapide des mesures que nous avons prises cette fois-ci, et nous devons nous assurer que des rencontres et des conversations « extrascolaires » ou « parascolaires » en dehors de la salle de classe aient lieu.

Nous ne devons pas non plus perdre de vue l’importance de communiquer avec notre personnel. Il a été vraiment bénéfique d’avoir des leaders dans le groupe universitaire, jusqu’aux chanceliers adjoints du corps professoral et aux directeurs associés des écoles responsables de l’expérience étudiante et de l’assurance qualité, qui travaillent avec les directeurs de cours et d’autres collègues. Nous avons réuni ces personnes toutes les deux semaines pour à la fois fournir de l’information, obtenir de la rétroaction et des points de vue et partager des renseignements. Leur contribution continue sera cruciale pour assurer la qualité de notre offre et maintenir l’intégrité et la profondeur de l’expérience éducative.

 

 Le professeur Guy Daly

 

Le professeur Guy Daly est vice-chancelier adjoint (éducation et étudiants) à l’Université de Coventry et a été paneliste lors du webinaire ‘How can we capture the student voice in a time of Coronavirus?’ tenu par Explorance le 13 mai 2020.

 


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