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Explorance: une culture d’entreprise payante

L'adresse indique « suite 500 ».

Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur le cinquième étage, le visiteur découvre pourtant un grand chantier : tout ici est en rénovation.

« Ils sont au sixième », lance un travailleur au journaliste médusé qui s'y déplace illico.

L'entreprise s'appelle Explorance. Très bientôt, elle misera sur deux étages de bureaux tout neufs au centre-ville de Montréal. Un espace suffisamment grand pour contenir son bassin d'employés qui vient de gonfler de 70 à 110 en moins de quatre mois. Un espace également capable d'absorber la croissance à venir de cette PME, assure son président et fondateur Samer Saab.

Cet ingénieur de formation avait 33 ans lorsqu'il a fondé Explorance en 2004. Conceptrice de logiciels de gestion de l'expérience de formation, la PME trouve 98 % de ses clients à l'extérieur du Québec, chez des entreprises et des établissements d'enseignement supérieur, notamment.

Celle-ci travaille donc dans le secteur des technologies de l'information. Un secteur où le taux de roulement dépassait les 17 % en 2015, selon TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d'oeuvre en TIC.

Pas surprenant donc qu'on ait fait du bien-être des employés une priorité ici. Et avec un taux de roulement inférieur à 4 %, force est d'admettre que l'entreprise a trouvé une recette gagnante. L'institut Great Place to Work vient d'ailleurs de lui faire une place au sein de son palmarès des 50 entreprises canadiennes de taille moyenne « où il fait bon travailler » pour une troisième année de suite.

UNE CULTURE

Comme dans d'autres PME du milieu, vous trouverez chez Explorance une aire de détente à laquelle s'ajoute une salle aux allures de casse-croûte des années 50 remplie de billards électroniques - des « pinballs » - et de stations de jeu vidéo.

Mais selon son président, c'est avant tout grâce à sa culture d'entreprise que l'entreprise se démarque.

« On mise sur une culture de liberté d'être, dit-il. Ici il n'y a pas de politique de vacances ou de politique de rendement. On mesure avant tout l'amélioration en continu des employés plutôt que leur rendement, et on leur demande en retour de l'intégrité et du respect : si quelqu'un s'engage à faire quelque chose, il doit maintenir sa parole. »

ENGAGEMENT

Samer Saab a fait de cette culture d'engagement des employés une priorité dès les débuts d'Explorance. 

« Ça n'a pas été facile pour mes gestionnaires qui devaient diriger plus par influence que par autorité, mais ils y sont arrivés. » - Samer Saab, président fondateur d'Explorance

Pour les aider, ce dernier a embauché un responsable des ressources humaines alors que l'entreprise ne comptait que 13 employés. « Je voulais protéger la culture d'entreprise à chaque étape de la croissance », explique-t-il.

C'est grâce à son passage chez Sycamore Networks en 2000 que Samer Saab a découvert comment une culture d'engagement des employés pouvait être payante. « Lorsque cette entreprise est entrée en bourse, plusieurs de ses employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain, raconte-t-il. Et malgré ça, tout le monde est resté, et travaillait encore plus fort qu'avant parce qu'ils avaient à coeur le bien de l'entreprise. »

Un scénario similaire s'était pourtant soldé par le départ massif des effectifs dans un autre cas relaté par le président d'Explorance. Les employés avaient alors quitté le navire sitôt leur prime touchée. « C'est là que j'ai compris à quel point l'engagement était important », ajoute-t-il.

Son entreprise devra d'ailleurs compter sur ses employés au cours des années qui viennent. L'entreprise, qui s'est classée au 295rang de l'édition 2015 du palmarès nord-américain des entreprises à la croissance la plus rapide Technology Fast 500 de Deloitte, a augmenté ses revenus de 65 % cette année. Selon Samer Saab, ils devraient croître à nouveau de 80 à 100 % l'an prochain.

CINQ CONSEILS

Comment mettre en place une culture d'entreprise axée sur le bien-être de l'employé ? Isabelle Bédard, présidente-directrice générale de CIB développement organisationnel, y va de ses conseils sur le sujet.

Comprenez les besoins de l'employé

Selon la spécialiste, trois conditions mènent à l'épanouissement d'un employé. Ayez-les en tête, souligne Isabelle Bédard. « L'employé veut se sentir utile, avoir l'impression qu'il répond aux attentes et veut se sentir apprécié », dit-elle.

Distinguez-vous

Plusieurs entreprises se tournent déjà vers un mode de gestion axé sur l'employé. Pour vous démarquer du lot, tentez de faire mieux que vos concurrents en misant sur des occasions qui s'offrent à vous et sur de l'audace, indique la spécialiste.

Combinez rationalité et sensibilité

« Les patrons capables de sensibilité sont nettement avantagés par rapport à ceux qui ont seulement un esprit rationnel, explique Isabelle Bédard. Une personne qui est plutôt rationnelle, autoritaire et distante va avoir intérêt à s'adjoindre une personne plus "proche du peuple". »

Alliez constance et fermeté

Conférer plus de liberté aux employés conduit le gestionnaire à devoir gérer « au cas par cas ». Assurez-vous d'être « constant et ferme dans les attentes et souple dans l'approche », indique la spécialiste des ressources humaines. « Si on manque de constante, on peut se retrouver face à des situations d'abus et finir par perdre le contrôle », ajoute-t-elle.

Mettre de l'avant les valeurs de l'entreprise

« C'est utile de mettre en mots ce qui est central à l'entreprise, dit Isabelle Bédard, qui propose de se concentrer sur quatre valeurs distinctives. On nomme ces valeurs, on les clarifie, puis on les communique en les utilisant le plus souvent possible. »

«LE DÉFI

En fondant sa propre entreprise, Samer Saab souhaitait créer un sentiment d'appartenance puissant chez ses employés.

LA SOLUTION

L'homme d'affaires mise sur une culture de responsabilisation de l'employé en retour d'une plus grande flexibilité.»

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